Homélie dominicale par le père René Aucourt

Homélie du 13 décembre 2020

Dans la première lecture, le prophète Isaïe annonçait : «Comme la terre fait éclore son germe, et le jardin, germer ses semences, le Seigneur Dieu fera germer la justice et la louange devant toutes les nations. » A travers cette réalité de notre terre, nous pouvons rejoindre tout le mystère et la profondeur de ce temps que nous vivons à l’approche de Noël. Oui il y a dans notre monde des germes et des semences. Nous avons souvent bien du mal à les voir. Nous sommes plus marqués par des peurs ou des constats de mort et de désolation au cœur de notre hiver. La période difficile que nous traversons ne nous incite pas à remarquer ce qui pousse, ce qui grandit. Pourtant, changeons notre regard. Nous pourrons surement découvrir des germes de paix, des semences d’amour… à travers tel ou tel geste de solidarité ; à travers le respect de la nature et de la création ;  ce qui se prépare pour les fêtes de Noël à travers par exemple ces paniers solidaires préparés par le Secours catholique ; à travers une attention aux personnes isolées ;  à travers une pensée pour tous ceux qui vivent difficilement l’isolement forcé… A chacun de continuer la liste. Elle peut être longue. Oui, dans notre monde blessé aujourd’hui, des semences et des germes apparaissent.

Ces germes deviennent pour nous des signes. Dieu lui-même est à l’œuvre. C’est lui qui fait germer la justice et la gloire. C’est lui qui vient nous la donner d’une façon unique dans la venue de son Fils Jésus. Oui la gloire de Dieu, c’est-à-dire son être profond nous est partagé, donné. Et Isaïe le promet c’est devant toutes les nations. Il ne s’agit pas seulement d’un petit cadeau réservé à une personne, voir même à un peuple. Non, tous les peuples, toute l’humanité, toutes les générations peuvent accueillir et bénéficier de ce fruit qu’est le Christ Sauveur. Il est venu au milieu de nous et c’est le monde entier qui en est transformé. Le monde n’est plus enfermé dans la mort. Par sa résurrection, la vie est promise. Les germes peuvent produire des fruits.

On dit que cette année, par la réalité de la situation, nous sommes contraints de revenir au vrai sens de Noël. La fête et la joie seront présents mais d’une façon plus profonde, plus vraie. Certains disent que nous sommes invités à vivre une sobriété heureuse. Dans la simplicité, ouvrons nos yeux et nos cœurs pour découvrir ces germes et ces semences. Oui le Seigneur Dieu fait germer sa justice et sa gloire devant toutes les nations.

Homélie du 06 décembre 2020

Dans cette étape dans le temps de l’Avent, un nouveau personnage, un nouveau témoin nous est proposé : Jean le Baptiste. Comme son nom l’indique, il baptise. Mais il le fait pour se préparer, pour se purifier. Il baptise dit-il avec de l’eau. C’est une étape, mais il y en aura une autre, plus importante, plus complète. Jean Baptiste se présente toujours comme celui qui annonce la venue d’un autre. Il le montre, et il s’efface derrière lui. Cet autre qui va venir est plus grand, plus fort que lui. Lui, il ne fait que l’annoncer, que préparer son chemin. Lui, il le montre et il s’efface derrière lui.

Jean- Baptiste est un modèle pour nous, dans ce temps de l’Avent. Nous sommes à notre place chargés d’annoncer ce même Seigneur, de le montrer. Nous ne sommes pas à notre compte, nous ne sommes pas propriétaire du Christ Jésus. Il est l’Autre que nous attendons. Il nous dépasse, il nous surprend, il est plus grand que nous. Jean Baptiste est le dernier des grands prophètes, c’est à dire de ceux qui parlent au nom de Dieu. Nous sommes de par notre baptême également prophètes. Nous sommes chargés de parler au nom de Dieu, de dire, de montrer ce Dieu qui vient faire toutes choses nouvelles. Et il y a tant à faire, tant à annoncer. Les chemins sont bien souvent tordus. Il y a des ravins, des escarpements. Notre monde a tant besoin de cette Bonne Nouvelle. Nous sommes dans ce temps si particulier où l’approche des fêtes de Noël nous réjouit, mais où la peur et la violence se sont bien installées dans notre monde. Alors, comme le prophète Isaïe, comme Jean- Baptiste, qu’allons-nous annoncer pour notre monde tel qu’il est ? Ne faut-il pas redire ce qu’est le sens profond de Noël pour nous ? Une fête évidemment, mais pourquoi faire la fête, pourquoi se réjouir ensemble ? Il nous faut rendre compte de notre foi, dans le respect de chacun bien sûr… mais n’est-ce pas urgent de dire explicitement ce qui fait notre foi ?

Oui, nous croyons que Dieu est entré dans notre histoire. Il est venu prendre nos chemins et il est venu ouvrir un possible, inaugurer un monde nouveau. Ce monde nouveau est commencé et il est toujours à accueillir. A la suite de Jean- Baptiste et comme lui, élevons la voix avec force pour porter la Bonne Nouvelle au monde. Dieu prend soin de chacun…

Homélie du 29 novembre 2020

Avec ce premier dimanche de l’Avent, la Parole de Dieu nous invite à entrer dans une première attitude : Veillez. Jésus le dit même à tous : Veillez. Il faut donc entrer dans cette attitude fond pour bien accueillir Celui qui vient parmi à Noël. Mais dans quel sens ? Il faut regarder ce que Jésus dit avant. Il raconte une parabole, il fait une comparaison. C’est comme un homme parti en voyage. Il y a donc au départ une absence. L’homme n’est plus là, il a quitté sa maison, il est parti et il confie tous ses pouvoirs à ses serviteurs. Chacun sait ce qu’il a à faire. Comment ne pas faire le lien avec le Christ lui-même. Il est absent, il n’est plus visible au milieu de nous… Nous ne pouvons manger et boire avec lui, comme dit l’Evangile. Il est parti en voyage et il a confié ses biens et ses pouvoirs. Il a envoyé ses disciples. Il a confié une mission, un travail précis à ceux qui veulent le suivre. Disciples de Jésus le Christ, nous avons chacun reçu une mission. La mission de témoigner, de rayonner de cette vie en plénitude qu’il est venu nous donner, nous confier. Il n’a pas gardé pour lui ce trésor. Il a pris des distances, non pas pour s’en désintéresser mais pour faire confiance, pour le confier aux hommes. C’est pour cela que nous sommes invités à veiller. La veille et la confiance vont ensemble. Une veille non pas crispée comme pour garder un trésor, le préserver des voleurs qui peuvent venir à tout moment. Mais une veille pour s’assurer que la Bonne Nouvelle est annoncée, partagée. Il ne s’agit pas de veiller pour garder au chaud. Il s’agit de veiller pour que le Christ lui-même puisse être donné, partagé, connu, aimé. Veiller pour qu’un évènement puisse vraiment avoir lieu, se produire réellement dans notre monde.

Nous savons et nous l’expérimentons : notre monde a tant besoin de cette Bonne Nouvelle, tant besoin de la venue du Christ, Fils de Dieu. Notre monde traverse des inquiétudes et des épreuves. Chacun en a l’expérience. C’est au cœur de ce monde-là que quelqu’un est promis. Voici que nous attendons que Dieu lui-même vienne aujourd’hui. Que son message d’amour et de paix, de plénitude de vie pour chacun puisse devenir concret et réel…

La veille et la confiance vont ensemble. La veille et l’action vont ensemble. La veille et le témoignage vont aussi ensemble. Viens Seigneur Jésus. Qu’il rende ferme notre foi, joyeuse notre espérance et constante notre charité.